Les facultes medicales

Cours de médecine, pharmacie et chirurgie dentaire

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L’ABCES DU POUMON


I-GENERALITES :

L’agression microbienne du parenchyme pulmonaire aboutit à la suppuration bronchique et à la formation de pus. On distingue les suppurations pulmonaires secondaires, survenant sur une cavité ou une lésion préexistante en plein parenchyme et les suppurations pulmonaires primitives dites abcès et dont le siège est l’alvéole.


II-DEFINITION :

L’abcès du poumon est une suppuration aiguë, collectée dans une cavité néoformée, creusée dans le parenchyme pulmonaire antérieurement sain et due à une infection non-tuberculeuse.


III-ETUDE CLINIQUE : L’abcès évolue en 3 stades

A. STADE DE FOYER FERME: Le début est progressif 
Les signes fonctionnels et généraux sont marqués par 
 

·        Un point de coté fixe.

·        Une fièvre à 38 – 39°c.

·        Un pouls accéléré.

·        Une asthénie générale avec anorexie.

·        Toux sèche douloureuse.

·        Une dyspnée modérée. 
L’examen physique révèle 

·        Des submatités localisées traduisant des foyers de condensation pulmonaire.

·        Des râles crépitants.

·        Rarement un souffle tubaire. 
La radiologie montre 

a.   o Une opacité dense, homogène, mal systématisée et à limites floues.

b.  STADE DE VOMIQUE: Correspond au rejet, dans un effort violent de toux, d’une quantité importante de pus. Elle peut

être massive ou fractionnée dans la journée.
Les signes annonciateurs ou prodromes sont 

·        Halène fétide.

·        Petites hémoptysies.

·        Douleur déchirante d’allure syncopale ressentie en pleine poitrine +++

C. STADE DE FOYER OUVERT: regroupe 2 syndromes 
1-Le syndrome de suppuration générale: fait de 
 

·        Fièvre oscillante.

·        Pâleur.

• Amaigrissement. 
2-Le syndrome de suppuration pulmonaire: Fait de 

·        Expectorations purulentes abondantes.

·        Râles humides.

·        Souffle cavitaire.

·        Zone de condensation. 
La radio montre 

a.   Image hydro-aérique, c’est une image arrondie, à contours épais, régulière, formée d’une opacité basale liquidienne surmontée d’une clarté aérique, séparées l’une de l’autre par une limite horizontale dans toutes les positions.

b.  oOpacité floue unique ou multiple, variable d’un cliché à un autre mais de siège fixe.


IV-DIAGNOSTIC PARACLINIQUE :

A. La radiologie.

B. La TDM: Précise le nombre, le siège, la nature excavée ou non des lésions et la présence de niveaux liquidiens.

C. La broncho-fibroscopie: Permet de localiser la suppuration, d’y pratiquer des prélèvements et de vérifier la 
perméabilité des bronches explorées. 

D. L’examen bactériologique du pus: Permet d’étudier la flore bactérienne, de déterminer le germe dominant et de 
pratiquer un antibiogramme. Cependant, les BK doivent être négatifs. 

E. Les examens biologiques: Notamment la FNS qui montre une élévation du taux d’érythrocytes et de PNN, une VS accélérée et une hyperfibrinémie.

F. Les hémocultures qui seront répétées si possible à chaque pic fébrile.


V-FORMES CLINIQUES : A-Les formes bactériologiques: 1-Abcès à germes anaérobies: Survient chez les sujets éthyliques réalisant desformes gangreneuses putrides avec abcès à distance. 2-Abcès à Klebsiella pneumoniae ou bacille de Friedlander: donne des expectorations hémoptoïques. Son évolution est sévère et laisse des séquelles importantes à type de cavités multiples.

3-Abcès à Staphylocoque: Chez le nourrisson, il donne des signes digestifs à type de ballonnement abdominal. A la radio, il donne des images claires pouvant se rompre dans la cavité pleurale entraînant unpyo-pneumothorax et un état asphyxique. Chez l’adulte, il donne desabcès multiples surtout chez les diabétiques.

4-Abcès à autres germes: A Pneumocoque, à Streptocoque, à Hémophilus influenzae et à BGN. 
5-Abcès parasitaire: Surtout amibien. Il faut rechercher les antécédents de séjour en zone d’endémie ou bien un 
foyer amibien suppuré. 
B-Les formes étiologiques: 
 

1.   Les suppurations pulmonaires primitives: L’atteinte pulmonaire peut s’effectuer 
™ Par voie aérienne supérieure (ORL ou stomatologique) 
™ Par voie septicémique 
™ Être secondaire aux sténoses par cancers bronchiques, tumeurs bénignes et corps étranger chez l’enfant.

2.   Les suppurations pulmonaires secondaires: Se font ™ A partir de cavités préexistantes, tuberculose, kyste hydatique, kyste aérien . ™ A partir de suppurations du voisinage, notamment la suppuration sous phréniques, appendicite, cholécystite,

annexite chez la femme et prostatite chez l’homme. 
™ Par voie septicémique. 
™ A partir d’un cancer de l’œsophage. 



VI-EVOLUTION : Elle est généralement favorable au bout de 8 jours avec persistance des signes radiologiques qui se normalisent au environ

de la 2eme ou la 3eme semaine. L’élément le plus important est l’apyrexie. La complication essentielle est la cavité résiduelle qui est le siège d’un abcès chronique. Elle est pourvoyeuse de DDB. D’autres complications pulmonaires peuvent survenir

 Pleurésie séro-fibrineuse bactérienne. 
™ Pleurésie purulente. 
™ Hémoptysies pouvant révéler une DDB. 
 

On peut aussi observer des complications générales 
 Rhumatisme infectieux. 
™ Abcès à distance notamment l’abcès du cerveau. 
 

VII-TRAITEMENT :

A. Traitement médical: Dépend du germe isolé et du terrain

1-Le germe isolé: Permet de faire un antibiogramme et de choisir l’antibiothérapie adéquate. 
¾ Pénicilline + Aminoside constitue l’association la plus synergique. 
¾ Pénicilline + Flagyl + Céphalosporine + Aminoside est une autre association possible. 

La durée du traitement est de 4 semaine, au maximum de 8 semaines.

2-La porte d’entrée et le terrain: ™ ORL: Angine, otite, sinusite ou porte d’entrée dentaire (soin et extraction.) ™ Urinaire. ¾ Kinésithérapie: Drainage de la cavité suppurée soit par broncho-aspiration, soit par un drainage de posture, soit

par un claping thoracique.

B. Traitement chirurgical: Il est rarement indiqué. Lorsqu’il l’est, il faut faire au préalable un bilan soigneux. Ce

traitement dépend de l’étiologie, chronicité, séquelles surinfectées, cancers, DDB localisée, etc. 
La surveillance doit être longtemps poursuivie car la récidive est possible.

 


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