L'autoprélèvement vaginal pour la recherche d'ADN du papillomavirus humain
Publié par Administrateur le Novembre 10 2011 15:22:16
Introduction

L'autoprélèvement vaginal pour la recherche d'ADN du papillomavirus humain (HPV) pourrait permettre d'augmenter le taux de dépistage. Dans le contexte clinique, la recherche du HPV dans les prélèvements vaginaux est au moins aussi sensible que la cytologie pour détecter la néoplasie cervicale intraépithéliale (CIN) de grade 2 ou plus ; toutefois, on ne connaît pas son efficacité à domicile. Cette étude visait à établir la sensibilité relative et la valeur prédictive positive du dépistage du HPV dans des échantillons vaginaux autoprélevés à la maison par rapport à la cytologie cervicale dans un contexte clinique.

Méthodes

Nous avons effectué un essai d'équivalence randomisé communautaire chez des femmes mexicaines âgées de 25 à 65 ans et de statut socioéconomique faible. Les participantes venaient de 540 communautés majoritairement rurales, sous-médicalisées, dans les États de Morelos, Guerrero et Mexico. Le principal critère de jugement était une CIN de grade 2 ou plus, détectée par coloscopie. Nous avons réparti les patientes de manière aléatoire selon une séquence de randomisation générée par ordinateur pour subir un dépistage du HPV ou une cytologie cervicale. Huit infirmières communautaires, qui n'avaient pas connaissance de la répartition des patientes, recevaient des listes quotidiennes des noms et adresses des femmes, et effectuaient les visites à domicile demandées. On faisait passer une colposcopie aux femmes dont le résultat était positif à un test ou l'autre. On a effectué des analyses conforme au protocole et en intention de dépister. Cet essai était enregistré auprès de l'Instituto Nacional de Salud Pública, Mexique, numéro INSP 590.

Résultats

Après la répartition aléatoire, 12 330 femmes ont subi un dépistage HPV et 12 731 une cytologie cervicale ; 9202 femmes dans le groupe de dépistage HPV ont suivi le protocole, 11 054 dans le groupe de cytologie cervicale. La prévalence du HPV était de 9·8% (IC 95% 9·1-10·4) et le taux de cytologie anormale était de 0·38% (0·23-0·45). Le dépistage HPV identifiait 117·4 femmes atteintes de CIN de grade 2 ou plus pour 10 000 (95·2-139·5), contre 34·4 pour 10 000 (23·4-45·3) avec la cytologie ; la sensibilité relative du dépistage du HPV était 3·4 fois supérieure (2·4-4·9). De manière similaire, le dépistage HPV détectait 4·2 fois plus (1·9-9·2) de cancers invasifs que la cytologie (30·4 pour 10 000 [19·1-41·7] / 7·2 pour 10 000 [2·2-12·3]). En revanche, la valeur prédictive positive du dépistage du HPV pour la CIN de grade 2 ou plus était de 12·2% (9·9-14·5), contre 90·5% (61·7-100) pour la cytologie.

Interprétation

Malgré la valeur prédictive positive beaucoup plus faible du dépistage du HPV dans les échantillons vaginaux autoprélevés par rapport à la cytologie, ce type de test peut être privilégié pour détecter la CIN de grade 2 ou pire dans les environnements disposant de peu de ressources, où la limitation des infrastructures réduit l'efficacité des programmes de dépistage cytologique. Comme les femmes sur ces sites ne seront testées que peu de fois dans leur vie, la forte sensibilité du dépistage est d'une importance cruciale.

Source :

Lazcano-Ponce E, Lorincz AT, Cruz-Valdez A, et al. Self-collection of vaginal specimens for human papillomavirus testing in cervical cancer prevention (MARCH): a community-based randomised controlled trial. The Lancet. 2011;DOI:10.1016/S0140-6736(11)61522-5.




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