Résultats encourageants des greffes de cellules souche hématopoïétiques dans les maladies de surcharge
Publié par Rosette le Mai 28 2009 10:48:51
Les maladies de surcharge lysosomales sont dues à un déficit génétique d’une enzyme catabolisant les macromolécules complexes dans les lysosomes...

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Les maladies de surcharge lysosomales sont dues à un déficit génétique d’une enzyme catabolisant les macromolécules complexes dans les lysosomes.

Ce déficit aboutit à l’accumulation du substrat d’où il résulte des désordres multi-systémiques. Le pronostic fonctionnel puis vital est engagé à plus ou moins longue échéance selon le déficit en cause et son degré. Deux ordres de traitement sont tentés : l’enzymothérapie substitutive (ES) et la greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH).

L’enzyme ne franchit pas la barrière hémocérébrale et ne corrige pas les troubles neurologiques. La greffe comporte des risques de mortalité et de morbidité. Elle aboutit au remplacement progressif des cellules hématopoïétiques par des cellules du donneur, capables de synthèse enzymatique, qui se distribuent dans les compartiments vasculaires et extra vasculaires du receveur.

Juger de l’efficacité par la clinique est difficile. La mucopolysaccharidose de type IH (MPSIH) ou maladie de Hurler est l’exemple même de la correction éventuelle par ces traitements. Dans la MPSIH, le lysosome ne peut cataboliser certains glycosaminoglycanes par déficit en α-L-iduronidase. Dans ce travail, les auteurs ont comparé les résultats de la greffe et de l’ES, en se basant sur les taux d’enzyme circulante, 1 an aprés et sur le rapport dermatane sulfate sur chondroïtine sulfate (DS/DC). Plus le rapport dans les urines est élevé plus l’accumulation du substrat est importante.

La comparaison a porté sur 19 patients greffés à partir d’un donneur homozygote non apparenté ou familial normal, 8 donneurs familiaux hétérozygotes pour la maladie et 18 patients traités par ES seule. La comparaison des moyennes des rapports DS/DC a montré des différences très significatives : 0,44 (0,20-0,77) après greffes non apparentées, 0,67 (0,50-0,87) après greffes à partir d’un hétérozygote et 0,97 (0,54-0,87) après ES. Le rapport initial DS/DC est augmenté de façon similaire dans les MPSIH de phénotype sévère (M=2,1) ou moyen (2,04) traduisant bien les effets du traitement. La comparaison des taux moyens d’enzymes sanguins et des rapports DS/DC montre la relation entre ces taux et les substrats résiduels dans le rein. Au total, la GCSH semble avoir une supériorité métabolique sur l’ES, moins patente lorsqu’elle est faite à partir de parents hétérozygotes. Cependant, les résultats dépendent du génotype et de la précocité du diagnostic car l’accumulation du substrat ne peut qu’être stabilisée. En raison des risques de la greffe, ses indications sont réservées aux formes les plus sévères des mucopolysaccharidoses.

Pr Jean-Jacques Baudon