Les Français ont diminué leur consommation d'antibiotiques
Publié par Narimane le Juin 06 2009 10:29:32
En 2001, la France était championne de la consommation d'antibiotiques. Depuis, la situation a changé...

Nouvelles étendues


En 2001, la France était championne de la consommation d'antibiotiques. Depuis, la situation a changé.



"Ah ! non, vous savez les antibiotiques c'est pas automatique !" La propagation du slogan de la campagne de pub lancée depuis 2002 par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) pour que les Français réduisent leur consommation d'antibiotiques a porté ses fruits. Résultat, entre 2002 et 2007, la consommation d'anti-infectieux est passée de plus de 40 millions de prescriptions semestrielles à moins de 32 millions. "La France a toutes les raisons d'être fière de ce succès. Elle est l'un des plus beaux exemples nationaux en matière de lutte contre la surconsommation d'antibiotiques", a déclaré Stephan Harbath, infectiologue à l'hôpital universitaire de Genève et éditorialiste pour The Public Librairy of Science .

Fin de la prescription dirigée

Réussite pour la campagne de sensibilisation contre la consommation d'antibiotiques, ce résultat signe également la fin des mauvaises habitudes en matière de traitement des infections virales. "Le lien entre infection virale et prescription d'antibiotiques a aussi considérablement diminué", précise Didier Guillemot, directeur de l'unité pharmacoépidémiologie et maladies infectieuses à l'Institut Pasteur et à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). "En s'adressant au grand public, la campagne a permis au médecin de se déculpabiliser lorsqu'il ne prescrit pas les antibiotiques que lui demandent les patients", a-t-il ajouté. En clair, la méthode de la prescription dirigée - celle qui voit le patient réclamer un médicament que le médecin accepte de prescrire - a pris un coup dans l'aile.



"Une question de sécurité sanitaire"

Comme le souligne Jean-Marie Manus sur le site de la communauté des professionnels de santé , avec des bactéries de plus en plus résistantes et des antibiotiques actuels ayant atteint leurs limites d'efficacité, la baisse du recours aux antibiotiques a eu pour conséquence de réduire la résistance des souches de pneumocoques résistant à la pénicilline - 45 % de résistance en 2002 contre 34,5 % en 2007 -. "C'est une question de sécurité sanitaire : les antibiotiques actuels ont atteint leurs limites d'efficacité, le génie biologique des bactéries résistantes est redoutable, et l'on attend anxieusement les vrais nouveaux antibiotiques - ceux contre lesquels les bactéries ne pourraient pas élaborer une résistance spécifique car ils viseront des structures qu'elles ne peuvent modifier", espère-t-il. Une remarque d'autant plus pertinente que la France "n'a pas encore atteint la médiane européenne", note Didier Guillemot. En clair, le message de réduction de l'usage des antibiotiques par les Français a encore de bonnes raisons d'être largement diffusé.

VIDÉO - Regardez le spot publicitaire de la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie) pour prévenir des résistances aux antibiotiques

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L'étude menée par le docteur Guillemot et son équipe montre que la campagne de sensibilisation menée entre 2002 et 2007 contre la consommation systématique d'anti-infectieux a été efficace © SIPA