Entretiens de santé des 12-13 ans : un bilan négatif
Publié par Narimane le Juin 08 2009 11:01:11
Moins de 9 % des pré-ado ont participé à l'entretien de santé de prévention, expérimenté pendant l'année scolaire 2006-2007 dans trois départements (l'Aisne, la Gironde...

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Moins de 9 % des pré-ado ont participé à l'entretien de santé de prévention, expérimenté pendant l'année scolaire 2006-2007 dans trois départements (l'Aisne, la Gironde et les Yvelines). L'idée d'un examen systématique au début de la puberté, soit à 12 ans pour les filles et 13 ans pour les garçons, avait été lancée par la Conférence de la famille. Manifestement, elle n'a pas abouti au résultat espéré. Pour les auteurs d'une étude sur le sujet, publiée aujourd'hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, en dehors de leur faible nombre, les jeunes qui ont bénéficié de cet entretien ne sont probablement pas ceux qui en auraient eu le plus besoin.

En pratique, les familles concernées étaient invitées par l'Assurance-maladie à une consultation sans avance de frais chez un médecin de leur choix (généraliste ou pédiatre). 38.709 invitations ont été envoyées et seuls 3.365 entretiens ont été réalisés. En revanche, les auteurs notent avec satisfaction que la durée moyenne des consultations - une demi-heure - est bien supérieure à celle observée habituellement. Et tous les thèmes ont été abordés (habitudes de vie, courbe de poids, antécédents généraux...). Dans 12,5 % des cas, un problème de santé a été découvert, le plus souvent un problème physique, par exemple d'ordre orthopédique ou d'origine traumatique (attitude scoliotique, contusions...). Il s'agissait en général de troubles bénins ou transitoires de l'adolescence, et peu de maladies chroniques ont été dépistées (moins de 1,7 % des entretiens).

Cette étude montre aussi que la plupart des enfants qui ont participé à l'entretien étaient déjà régulièrement suivis. Pour toucher les autres, les auteurs suggèrent de sensibiliser davantage les familles et les professionnels, de mieux relayer l'information, voire de créer un réseau de médecins volontaires (consacrant par exemple une demi-journée par semaine à la prévention). Ils envisagent aussi de ne pas convoquer systématiquement toute une classe d'âge, mais de cibler certains enfants, par exemple dans le cadre de la médecine scolaire. Des mesures nécessaires, à leurs yeux, avant d'envisager la généralisation de ce type d'action.

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