Grippe A : les mesures pour se prémunir contre le virus
Publié par hammar le Juin 20 2009 11:48:24
Selon les experts, le respect d'un certain nombre de règles d'hygiène permet de réduire la transmission...

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Selon les experts, le respect d'un certain nombre de règles d'hygiène permet de réduire la transmission.

• Comment se prémunir en cas de contact avec une personne atteinte de la grippe A ?

Tout contact avec un malade souffrant de cette nouvelle grippe implique un traitement prophylactique par Tamiflu (un comprimé par jour pendant 7 à 10 jours). Elle implique aussi des «mesures barrière» : le malade doit porter un masque chirurgical pour ne pas contaminer son entourage ; il faut aussi éviter d'embrasser le patient et de lui serrer les mains. Lors de tout contact, il faut se laver les mains au savon, affirme Paul Léophonte, qui vient de publier Les Grippes en questions (Privat). De toute façon, ce type de contact ne devrait pas se produire : normalement, une personne ma­lade de la grippe doit rester isolée chez elle, ajoute-t-il. Si on se tient à plus de deux mètres d'un malade, il est difficile d'être contaminé, affirme de son côté Jean-Philippe Derenne, chef du service de pneumologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Dans le doute, il faut appeler le 15 qui donnera la marche à suivre et enregistrera l'appel.

• Faut-il aussi prendre des précautions avec une personne seulement suspecte d'avoir la grippe ?

La difficulté tient au fait que les symptômes de la grippe sont extrêmement banals. Si une personne présente de la fièvre, a mal à la tête, tousse, et vient d'un pays où la pandémie est déclarée (niveau 6), les précautions citées plus haut doivent être observées, en attendant d'avoir confirmation du diagnostic, selon Paul Léophonte.

• Y a-t-il des risques à recevoir chez soi des personnes venantdes zones contaminées ?

Si ces personnes n'ont aucun symptôme (quoiqu'elles puissent être «porteurs sains» du virus), il ne faut pas céder à la psychose. Le temps d'incubation de la grippe étant de quatre à six jours, il suffit d'attendre ce délai pour être sûr que vos visiteurs ne sont pas malades. Aujourd'hui de nombreuses personnes venant des États-Unis participent à des colloques dans no­tre pays. On ne va pas les ostraciser. On est aujourd'hui dans une période intermédiaire. La France n'est pas au niveau 6 d'alerte pandémique. Lorsque ce sera le cas, tous les rassemblements publics seront interdits. Selon le professeur Derenne, si tout le monde restait chez soi pendant une semaine, il n'y aurait plus de grippe A, le virus disparaîtrait. C'est un peu ce qu'ont fait les Mexicains au cours du dernier week-end d'avril.

• Peut-on partir en vacances dans les pays qui ont un nombre élevé de cas comme le Mexique ou les États-Unis ?

Oui, il n'y a pas lieu de se priver de partir en vacances dans la situation actuelle, y compris pour aller au Mexique ou aux États-Unis. On peut par précaution avoir dans ses bagages un traitement par Tamiflu. À défaut, au moindre symp­tôme grippal, il faut consulter rapidement un médecin, car ce mé­­dicament antiviral, pour être efficace, doit être administré dans les 48 premières heures après le début des symptômes.

• Est-ce que les personnes contaminées maintenant seront protégées plus tard, alors quele virus risque peut-être d'être plus virulent ?

On ne peut pas répondre à cette question, estime Jean-Philippe Derenne. L'étude de la grippe espagnole a montré toutefois que les militaires de la Marine natio­nale les moins gravement touchés par la deuxième vague de l'épidémie furent ceux qui avaient eu la grippe au moment de la première vague. Paul Léophonte fait le même diagnostic. Si le virus ne subit pas trop de mutations, il y a toutes les raisons de penser que ces personnes auront un certain degré de protection. C'est ce qui s'était passé lors de la deuxième vague de grippe espagnole : les personnes âgées qui avaient contracté un tout autre virus (la grippe asiatique) en 1890 ont été mieux protégées que les autres. Les anticorps restent très longtemps présents dans l'or­ganisme. Récemment, on a trouvé des anticorps de la grippe espagnole chez des centenaires.

• Ne faudrait-il pas dès maintenant faire de grandes campagnes d'information sur les bonnes pratiques de prévention ?

C'est un point essentiel, selon Patrick Berche, professeur de microbiologie (Paris-V) : il faut prévenir la population qu'il va y avoir une vague d'épidémie grippale importante, pendant six à dix semaines, avec beaucoup de malades. Il est très important de communiquer sur les symptômes, la conduite à tenir. Il faut répéter qu'en cas de grippe il faut rester chez soi, prévenir son médecin. L'information sur les masques et la manière de les utiliser, sur les traitements antiviraux, sur la manière de se comporter face à un malade est très importante, pour réduire le risque de transmission. Pour Paul Léophonte, la population en France commence à être assez bien informée, même si des campagnes d'information restent nécessaires.

• Est-ce que les cas groupés de Toulouse doivent entraînerle passage au niveau maximal d'alerte, 6 ?

Non. Paul Léophonte n'hésite pas une seconde. Il faudrait qu'il y ait un second foyer autonome ail­leurs. S'il y avait des foyers de grippe A dans 45 écoles, il faudrait réévaluer le niveau d'alerte, estime pour sa part Jean-Philippe Derenne. Même écho de la part du professeur Berche : il faudrait plus de cas, plus de foyers, et que le virus se propage de façon incontrôlée, pour que l'on passe au niveau d'alerte 6.


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