Alerte au blanchiment de la peau en France
Publié par hammar le Novembre 06 2009 09:57:46
De nombreuses femmes noires s’éclaircissent la peau, par l’application quotidienne, voire permanente, de produits cosmétiques. Le but : obtenir un teint doré, considéré comme...

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De nombreuses femmes noires s’éclaircissent la peau, par l’application quotidienne, voire permanente, de produits cosmétiques. Le but : obtenir un teint doré, considéré comme une couleur universelle idéale. On estime à 20% le nombre de jeunes femmes afro-antillaises qui ont recours à des produits pour éclaircir la peau, malgré les effets très nocifs de ces produits. Une soirée-débat est organisée ce mardi 3 Novembre 2009 à l’Hôtel de Ville de Paris.

« Séduire oui, se détruire non », tel est le slogan choisi par la Mairie de Paris pour sa première campagne de prévention des dangers du blanchiment de la peau noire à l’aide de crèmes éclaircissantes. La peau claire est « un critère de beauté pour de nombreux hommes africains », ce qui pousse 20% des femmes de la communauté afro-antillaise à recourir à cette pratique en France. La campagne s’accompagne d’un guide pédagogique et d’une Bande Dessinée (BD). Une soirée-débat a eu lieu le 3 novembre à l’Hôtel de Ville parisien et une fête sera organisée à la mairie du 18e arrondissement de Paris le 7 novembre prochain. Découvrez dans la vidéo ci-dessous les explications d’un dermatologue sur les risques liés aux crèmes éclarcissantes.

Les produits éclarcissants disponibles sur le marché peuvent nuire gravement à la santé des femmes noires, puisqu’ils sont fabriqués à base de cortisone, de corticoïdes ou de stéroïdes. Ces produits altèrent la mélanine qui colore et protège la peau. Fragilisée par le traitement, celle-ci est plus sujette aux infections. C’est le principal message de cette campagne inédite lancée par la mairie de Paris, en collaboration avec l’Unité de réflexion et d’action des communautés africaines (URACA). Des affiches sont disposées dans les 10e, 18e et 19e arrondissements dès ce mercredi 4 novembre 2009. Un guide pédagogique , ainsi qu’une bande dessinée sont aussi publiés.

« L’utilisation abusive de tels produits peut être dangereuse « , confirme ce dernier. Ces crèmes, ajoute Catherine Tetteh, contiennent entre autres des corticoïdes (Diprosone, Movate, Betueval…), des mercuriels (Trois Fleurs d’Orient, Asepso, Skinguard…), des phénoliques (Monica, Nadinola, Satina…) ou de l’hydroquinone (Venus de Milo, Dear Heart…). », déclare le dermatologue genevois Luigi Polla. L’usage des crèmes pour éclarcir la peau est une pratique très répandu à Paris et en région parisienne. On estime à 20% le nombre de femmes de la communauté afro-antillaise qui ont recours à ces produits. Jean-Marie Le Guen explique que « cette campagne de santé publique vise à les mettre en garde sur les dangers auxquels elles s’exposent ». Rappelons que Jean-Marie Le Guen est chargé de la santé publique et des relations avec l’AP-HP. Il estime que les femmes concernées n’ont probablement « pas conscience des risques encourus ».

Tous ces produits, en plus de leur toxicité, provoquent bien d’autres dégâts : acné, troubles de la pigmentation, vergetures irréversibles, insuffisance rénale, diabète, hypertension artérielle, grossissement, augmentation de la pilosité, détériorations majeures de l’épiderme, brûlure, allergies, cancer de la peau, perturbation du cycle menstruel, problèmes osseux, la perte de la vue, addiction.

La cortisone, elle dénature la peau d’où son efficacité en matière de blanchiment. En même temps, elle empêche la cicatrisation et favorise les infections. En cas d’interventions chirurgicales, la peau cortisonée ne se referme plus… », expliquant c’est pourquoi de nombreuses Africaines pratiquant la dépigmentation évitent de décolorer leur ventre : un accouchement par césarienne pourrait leur être fatal. Le produit le plus connu des consommateurs est l’hydroquinone. Son utilisation dans les cosmétiques était autorisé à 2 % maximum en Europe, mais très souvent les dosages avoisinaient les 20 ou 30 % par souci d’efficacité. Ses effets secondaires sont si graves qu’une décision de la Commission européenne interdit son utilisation

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