L'Arctique fond encore plus vite
Publié par Administrateur le Novembre 14 2009 11:44:06
La banquise fond autant en superficie qu'en épaisseur. Sa dérive s'accélère également. Elle va deux à quatre fois plus vite qu'il y a vingt ans. La glace pluriannuelle laisse place à une glace..

Nouvelles étendues

L'Arctique se réchauffe de manière drastique. » Telle est la constatation faites par les acteurs du projet Damocles, le programme européen de recherche sur l'environnement arctique. Autre constat : le réchauffement polaire est bien plus rapide que prévu.

Ce diagnostic est le fruit de programmes de recherches sans précédent menés de 2005 à 2009.

Les chercheurs ont eu recours à des dispositifs particulièrement sophistiqués pour pouvoir étudier dans le détail l'évolution de cette région. Il s'agit, par exemple, de bouées fixées sur la glace mesurant la température et la salinité de l'océan ainsi que la température et la pression de l'air. Ou de « planeurs » se déplaçant sous la glace à différentes profondeurs pour y relever la température, la salinité et la pression. Mais aussi de dispositifs ancrés au fond de la mer permettant de suivre les différents paramètres d'une zone précise sur une longue période. S'ajoute à cela le voilier Tara, emprisonné dans la banquise pendant un an et demi.

La plupart de ces instruments étant capables d'envoyer leurs données vers des satellites pour permettre de suivre l'évolution de la banquise en temps réel.

« Nous avons constaté que la banquise se déplace 2 à 4 fois plus vite qu'auparavant, explique Jean-Claude Gascard, coordinateur du projet Damocles. En outre la vieille glace qui la compose disparaît à toute allure. Un changement problématique puisque cette vieille glace laisse place à une glace plus jeune, moins épaisse et plus encline à fondre. Ajoutez à cela que la glace se forme de plus en plus tard chaque année. L'été est donc de plus en plus long offrant ainsi un laps de temps plus grand pour la fonte des glaces… »

Selon leurs travaux, il ressort que la banquise a perdu un mètre d'épaisseur en moyenne.

« Celle-ci passant ainsi de plus de 3 mètres d'épaisseur il y a vingt ans à 2 voire 1,5 mètre, actuellement, poursuit le chercheur. La couverture de glace se réduit également. De telle manière qu'en août 2007, on pouvait naviguer du delta de la Léna en Sibérie au delta du MacKenzie au Canada sans rencontrer un morceau de glace dérivante. »

Les chercheurs pointent aussi du doigt l'influence des gaz à effet de serre.

« Les émissions de CO2 sont supérieures à celles imaginées dans les pires scénarios et amplifient le phénomène. »

Enfin, ils insistent sur le fait qu'il y aura bien entendu des conséquences sur la faune de cette région mais aussi des implications socioéconomiques. « Sur les moyens de subsistances et les cultures indigènes, sur l'exploitation du pétrole et du gaz, sur la pêche et le tourisme. »