Enfants obèses : chercher l’acanthosis nigricans
Publié par La Pharmacienne le Janvier 25 2010 23:57:32
L’acanthosis nigricans (AN) se caractérise par une hyperpigmentation noire, mal limitée, située symétriquement dans les grands plis et par une hyperkératose. Entre autres...

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L’acanthosis nigricans (AN) se caractérise par une hyperpigmentation noire, mal limitée, située symétriquement dans les grands plis et par une hyperkératose. Entre autres, le diabète et l’obésité en sont des causes connues. Des chercheurs américains ont étudié la prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire et des anomalies du métabolisme du glucose chez des enfants de 8 à 14 ans : 236 avec un AN du cou (AN+) et 51 sans AN (AN-). Les 287 enfants étaient en surpoids et souvent obèses ; prés de 90 % appartenaient aux minorités ethniques ; la plupart des mères n’avaient pas dépassé l’école secondaire, avaient des ressources financières limitées et des antécédents familiaux directs de diabète.


Les enfants du groupe AN+ en comparaison de l’AN- étaient plus fréquemment des filles, avaient une obésité plus importante (Z-score d’IMC 2,3 Kg/m2 contre 2,1 Kg/m2), avaient un stade pubertaire plus avancé et l’éducation maternelle était moindre. La pression artérielle systolique dépassait la 95ème percentile chez 27 % des AN+ contre 18 % des AN-. Dans le groupe AN+, 29 % avaient des troubles du métabolisme du glucose contre 12 % des AN- : la glycémie après charge en glucose, l’insulinémie à jeun et après charge étaient significativement plus élevées ainsi que l’hémoglobine A1c (5,5 % contre 5,3 %). En ce qui concerne le cholestérol, 50 % des AN+ avaient un HDL x04; 5ème percentile contre 35 % des AN-. Les anomalies du métabolisme glucidique des AN+ demeuraient significatives après ajustement en fonction du sexe, de l’éducation maternelle, du stade pubertaire et de l’IMC. L’établissement d’un score basé sur l’importance de l’AN ajoutait deux corrélations supplémentaires avec l’hyperglycémie à jeun et la baisse du HDL cholestérol.


Dans le groupe AN+, le sexe féminin, l’HOMA-IR (mesure de la résistance à l’insuline) et la présence d’anticorps anti-décarboxylase de l’acide glutamique étaient significativement associé à l’intolérance au glucose. Les filles du groupe AN+ avaient souvent un hirsutisme et une élévation des androgènes


Cette étude a permis d’identifier un diabète de type 2 chez 4 filles dont 2 avec une glycémie à jeun normale. Au sein de cette population obèse, il n’a pas été trouvé de corrélation directe entre le score d’IMC et l’homéostasie glucidique suggérant l’intervention d’autres facteurs comme l’obésité tronculaire.


Au total, cette étude montre que les enfants avec un AN ont une résistance à l’insuline élevée et plus de un sur quatre a déjà une homéostasie glucidique anormale.



Pr Jean-Jacques Baudon, JIM

Brickman WJ et coll. Acanthosis nigricans identifies youth at high risk for metabolic abnormalities. J Pediatr 2010;156:87-92