Guérir l'«hallux valgus», dit «oignon du pied»
Publié par hammar le Avril 10 2010 14:27:35
Plusieurs techniques chirurgicales s'affrontent pour soulager cette déformation du gros orteil...

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Plusieurs techniques chirurgicales s'affrontent pour soulager cette déformation du gros orteil.

L'hallux valgus, cette déformation osseuse du gros orteil dont les conséquences atteignent tout l'avant-pied, est une pathologie féminine dans 95 % des cas. Elle touche essentiellement les 25-30 ans et les 45-55 ans, qui présentent souvent, avec la ménopause, une aggravation de la situation jusque-là tolérée. Disgracieux, mais surtout très douloureux, l'«oignon du pied» peut se révéler invalidant et entraîner l'impossibilité de se chausser. La seule solution est alors l'opération, qui occupe 80% de l'activité d'un chirurgien du pied.

Réalisée sous anesthésie régionale, elle vise à fraiser ou scier la saillie osseuse. Trois techniques s'affrontent, résume le Pr Thibaut Leemrijse (clinique universitaire Saint-Luc de Bruxelles), responsable des publications de l'Association française de chirurgie du pied. Selon lui, il est «de bon ton, en 2010, de dire que l'on fait de la chirurgie mini-invasive ou percutanée sous peine de passer pour un vieil alligator qui ne pratique que la traditionnelle». Les deux techniques les plus récentes, permettant de faire de petites incisions (moins de 5 mm pour la première et 15mm pour la seconde), ont pour but théorique d'engendrer moins de complications, moins de raideurs postopératoires, moins d'œdèmes que la méthode traditionnelle (incision de 50 mm). «Or les bénéfices réels de ces deux méthodes n'ont jamais été démontrés», estime le Dr Wilfrid Graff, chirurgien orthopédiste à l'hôpital des Diaconesses (Paris, XIIe).

Le Dr Thomas Bauer, du CHU Ambroise-Paré de Boulogne, ne pratique que la chirurgie percutanée, qu'il a décidé d'évaluer. Il regrette l'attitude trop «commerciale» de certains de ses confrères: «Nous sommes avant tout des chirurgiens, et pas des vendeurs de voitures.» Cet acte est moins invasif qu'une opération traditionnelle, «mais c'est quand même une intervention, explique-t-il. Cette guerre entre techniques est dommageable. Il faut savoir prendre ce qui est bon dans chacune.» Il faut dire que, depuis quelques années, certains chirurgiens vantent l'opération mini-invasive comme si elle était indolore. «On a voulu faire croire au père Noël», résume le Dr Graff.

Plus que le mode d'intervention, le plus important est de choisir un bon spécialiste. C'est notamment celui qui refuse d'opérer sur le seul critère esthétique. «Cette plainte est une contre-indication opératoire, parce qu'en général ces patientes n'ont pas des pieds douloureux, relève le Pr Leemrijse. Le bénéfice risque n'est donc pas favorable. Après l'intervention, elles risquent d'avoir de toute façon mal au pied.»

Après l'opération, certains praticiens préconisent, pendant trois semaines, le port d'une chaussure mettant l'avant du pied en décharge tandis que d'autres demandent immédiatement à leurs patientes de porter des chaussures plates. La rééducation dure jusqu'au troisième mois suivant l'opération; l'œdème et la sensation de pied sensible peuvent perdurer jusqu'au sixième mois.
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