Connaissez-vous les aphtes de Bednar ?
Publié par La Pharmacienne le Mai 17 2010 11:25:47
Les aphtes de Bednar sont des érosions de la muqueuse buccale du nouveau-né, qui siègent typiquement à la jonction du palais dur et du palais mou. Une étude récente rappelle qu’ils n’ont pas disparu et que leur mécanisme n’est pas clair.


S Nebgen et coll. ont observé le palais de 1 654 nouveau-nés bien portants, dans le cadre de l’examen clinique effectué entre le 3e et le 10e jour de vie pour éliminer des malformations congénitales.


Les enfants avaient un terme moyen de 40 semaines et un poids de naissance allant de 1,92 à 4,89 kg. Environ deux tiers (68 %) étaient nés par voie basse et la majorité était allaitée.


Le palais a été visualisé dans 90 % des cas, à l’aide d’un abaisse-langue.


L’incidence des aphtes de Bednar s’est avérée élevée. Un enfant sur six (15,8 %) présentait des érosions palatines, plus souvent de petite taille et uniques (13,7 %) que de grande taille et bilatérales (2,1 %), presque toujours entourées par une muqueuse hyperhémiée.


Un accouchement par voie basse et une alimentation au biberon ont été identifiés comme des facteurs de risque indépendants. Des érosions palatines affectaient 17 % des enfants nés par voie basse et alimentés au biberon versus 11,8 % des enfants nés par césarienne et allaités (p=0,02). Les Odds Ratio atteignaient 1,58 pour la voie basse par rapport à la césarienne (p <0,01) et 2,17 pour le biberon par rapport au sein (p <0,001).


Il faut préciser que l’aspiration buccopharyngée n’était pas systématique à la naissance et que la succion non nutritive a concerné moins de 5 % des enfants.


Les aphtes de Bednar sont bénins. Ils ne gênent pas l’alimentation et ne sont pas une porte d’entrée infectieuse, mais, de même que les perles d’Epstein, il faut savoir les reconnaître pour rassurer les parents.


Les résultats de cette étude suggèrent qu’un certain nombre passent inaperçus et qu’ils ne sont pas uniquement dus à l’impact du mamelon de la mère sur le palais, lors de la tétée. Etant donné que les aphtes étaient relativement plus fréquents chez les enfants alimentés avec un lait industriel, les auteurs inclinent plutôt pour un mécanisme immuno-allergique, qui reste à démontrer.



Dr Jean-Marc Retbi, JIM

Nebgen S et coll. Bednar’s aphthae in neonates : incidence and associated factors. Neonatology 2010 ; 98 : 208-211