Alerte mondiale aux maladies chroniques
Publié par MedeSpacienne le Octobre 19 2010 18:56:44
Cancers, diabète et maladies cardio-vasculaires explosent dans les pays en voie de développement.


La prévention des maladies chroniques telles que l'obésité et le diabète constitue l'un des défis majeurs de la médecine, en particulier dans les pays en voie de développement, selon des scientifiques réunis à Berlin.


L'explosion de ces pathologies en Afrique ou en Asie est «la conséquence de l'importation du style de vie occidental», a résumé Francis Collins, directeur des Instituts nationaux américains de la santé (NIH), lors du deuxième Congrès mondial de la santé qui réunit jusqu'à aujourd'hui un millier d'experts internationaux. De fait, les maladies chroniques les plus fréquentes (et les plus meurtrières) comme les cancers, le diabète ou les maladies cardio-vasculaires ne sont plus l'apanage des pays riches : 80 % des nouveaux cas sont désormais diagnostiqués dans les pays pauvres ou en voie de développement.


Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce sont les régions d'Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental qui sont les plus touchées. Parmi les dangers les plus importants figure ­l'obésité. Au total, dans le monde, 1,6 milliard de personnes (de plus de 15 ans) seraient en surpoids, et 400 millions d'adultes répondent aux critères d'obésité.



Mode de vie sédentaire

Autrefois considérés comme des problèmes des pays à hauts revenus, le surpoids et l'obésité augmentent maintenant de façon spectaculaire dans les pays de plus faible niveau de vie, notamment en milieu urbain. «Une épidémie d'obésité est inévitable à moins que des politiques ne soient mises en place maintenant pour réduire la consommation de produits sucrés et gras et promouvoir l'activité physique», a martelé Philip James, président de l'Association internationale pour l'étude de l'obésité, basée en Grande-Bretagne.


Dans les pays en voie de développement, c'est la modification des régimes alimentaires et le développement des chaînes de restauration rapide qui sont pointés du doigt. Tout comme l'évolution des modes de vie liés à l'urbanisation qui se traduit par un accroissement de la sédentarité. Conséquences, les gens grossissent et sont de plus en plus sujets aux maladies liées au surpoids.


En Inde, par exemple, les cas de diabète sont beaucoup plus nombreux dans les villes que dans les campagnes, a rappelé Philip James. Au niveau mondial, l'OMS table sur une croissance faramineuse de cette maladie, de 135 millions de malades en 1995 à 300 millions en 2025. Les pays pauvres paient aussi un lourd tribut aux maladies cardio-vasculaires : 82 % des décès par accidents cardio-vasculaires (estimés au total à 17 millions annuellement sur la planète) surviennent dans des pays à revenu moyen ou faible selon l'OMS. D'autres facteurs comme la malnutrition ou les maladies infectieuses peuvent aussi être incriminés.


Une majorité d'experts affirment néanmoins que la communauté internationale ne reconnaît pas comme une priorité le problème des maladies chroniques. En Afrique tout particulièrement, l'accent est toujours mis sur le paludisme et la transmission du virus VIH du sida, regrettent-ils. S'il ne s'agit pas de négliger la lutte de ces maladies, il faut aussi se préoccuper des maladies chroniques, qui sont évitables, comme le souligne Pekka Puska, directeur général de l'Institut national finlandais pour la santé et le bien-être (THL). D'où la nécessité, selon lui, d'effectuer un gros travail de prévention «aux niveaux individuel, local et national» . Pour Olivier Raynaud, responsable du secteur santé mondiale au Forum économique mondial de Davos, ces questions devraient être mises à l'agenda des chefs d'État.


Le Figaro