Le choléra:le Zimbabwe appelle pour la première fois..
Publié par La Pharmacienne le Novembre 29 2008 00:47:43
Le gouvernement zimbabwéen a appelé jeudi pour la première fois à l'aide afin de lutter contre l'épidémie de choléra, admettant que la maladie avait fait 386 morts après avoir affirmé la veille que la situation était "sous contrôle"...

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Le gouvernement zimbabwéen a appelé jeudi pour la première fois à l'aide afin de lutter contre l'épidémie de choléra, admettant que la maladie avait fait 386 morts après avoir affirmé la veille que la situation était "sous contrôle".

"Avec le début de la saison des pluies, la situation pourrait empirer. Nos problèmes sont plutôt simples mais nous avons besoin d'une assistance", a déclaré à la télévision d'Etat Edwin Muguti, revoyant à la hausse avec 9.363 cas de choléra un précédent bilan de l'Onu.

La veille, le président Robert Mugabe est parti pour le Qatar, où il doit participer ce week-end à une conférence internationale, et le même ministre a refusé de décréter l'état d'urgence sanitaire, comme le réclamaient des organisations humanitaires.

Malgré ce revirement, M. Muguti a de nouveau accusé l'Occident d'être responsable de l'épidémie. "Peut-être qu'ils ont décidé de nous tuer à petit feu", a-t-il estimé.

Dans la rhétorique du régime, les sanctions imposées par les Occidentaux après la réélection contestée du président Mugabe en 2002 sont responsables de tous les maux du pays, bien qu'elles ne visent que les proches du pouvoir.

Un des précieux alliés du Zimbabwe, la Chine, a déjà prévu de donner des vaccins pour un montant de 500.000 dollars américains et une aide alimentaire dont le pays a très fortement besoin.

"Nous compatissons avec le peuple du Zimbabwe et nous voulons l'aider du mieux que nous pouvons à lutter contre la propagation du choléra qui a tué tant de gens dans ce pays", a déclaré le numéro deux de l'ambassade chinoise à Harare, dont les propos ont été rapportés jeudi dans le quotidien d'Etat The Herald.

L'Afrique du Sud aide également le Zimbabwe en accueillant à sa frontière des centaines de malades de cette épidémie qui a fait six morts chez elle, dont deux Sud-Africains.

Pour l'opposition, cette maladie "représente la plus grande menace à laquelle le pays ait jamais dû faire face". Et de nombreux organismes ont donné l'alarme de manière répétée face à la propagation du choléra, qui révèle l'état de délabrement des réseaux d'eau, d'assainissement et de santé du pays lié à la crise économique.

Depuis huit ans, le Zimbabwe s'enfonce dans un marasme sans précédent qui se caractérise aujourd'hui par une hyperinflation délirante (plus de 231 millions% en juillet), 80% de chômage et une production au point-mort.

Cet effondrement se double d'une paralysie politique, née de la défaite du régime aux élections de mars. A la mi-septembre, les deux camps s'étaient engagés à partager le pouvoir, mais les discussions ont jusqu'à présent achoppé sur la composition du gouvernement d'union.

Mercredi, le dialogue a subi un nouveau revers, quand le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Tsvangirai, a réclamé la démission du médiateur régional, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, l'accusant de ne pas mesurer la gravité de la situation.

M. Tsvangirai a envoyé un courrier au président en exercice de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), le chef de l'Etat sud-africain Kgalema Motlanthe, pour officialiser sa demande.

"Le président Motlanthe a reçu la lettre et va prendre en compte cette requête", a indiqué jeudi son porte-parole Thabo Masebe, en précisant que sa décision dépendrait "du résultat de consultations avec les autres membres de la SADC."

En attendant, les négociations sont suspendues, le MDC ne souhaitant pas reprendre les pourparlers avant la nomination d'un nouveau médiateur, a expliqué le porte-parole de M. Tsvangirai, George Sibotshiwe.

Les Etats-Unis ont quant à eux appelé mercredi les pays voisins à accentuer leurs pressions sur M. Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, afin de débloquer ces négociations.