Biopsies du col guidées par colposcopie
Publié par La Pharmacienne le Novembre 20 2013 10:26:16



Les biopsies du col utérin (BCU) guidées par colposcopie sont largement utilisées pour le diagnostic des néoplasies intraépithéliales du col (CIN) qui précèdent les cancers épidermoïdes. Mais dans quelle mesure peut-on leur faire confiance ? C’est ce qu’ont voulu préciser des auteurs autrichiens en comparant les résultats histologiques de la BCU à ceux de la conisation.La question est d’importance car, si une surestimation des lésions, génératrice de traitements excessifs, peut compromettre une grossesse ultérieure, une sous-estimation risque de méconnaître des lésions potentiellement graves. C’est pourquoi il est essentiel de définir précisément l’étendue et la sévérité des CIN.


L’étude a porté sur 244 femmes non enceintes, âgées de 17 à 63 ans, sans suspicion de cancer invasif du col, et chez lesquelles la jonction cylindromalpighienne était au moins partiellement visible en colposcopie. Pour limiter les biais, le taux des femmes ayant subi une BCU récente était faible, de 16 %. La conisation a été réalisée immédiatement après la BCU (en emportant la zone biopsiée), afin que l’intervalle entre les 2 gestes ne puisse être accusé de fausser les résultats (régression spontanée ou progression des lésions).


La colposcopie a permis de repérer les lésions en fonction des aspects observés : aspect normal, acidophilie après test à l’acide acétique, iodophilie après test au lugol, anomalies vasculaires à type de mosaïque. Les BCU (1 à 3) ont été réalisées avec une pince de 5 mm en commençant par la zone la plus suspecte ; la conisation a été faite au bistouri froid (avec points de Sturmdorf) ou à l’anse diathermique. On a distingué les lésions de bas grade LBG (dysplasies et CIN1occupant moins de un tiers de l’épaisseur de la muqueuse) de celles à haut grade LHG (CIN2 et 3 avec absence de maturation du revêtement malpighien occupant plus du tiers de ladite muqueuse).


Une concordance entre les résultats des deux interventions n’a été retrouvée que dans 126 cas (51 %), avec un taux de 100 % pour les CIN3 , mais seulement de 40 % dans les CIN2 et de 20 % pour les LBG. Les BCU sous-estiment les lésions dans 47 % des cas et les surestiment dans 1,6 % des cas. Ces résultats sont améliorés par la prise de 2 deux prélèvements lors de la BCU, voire de 3 si la totalité de la jonction et bien visible. La sensibilité des BCU s’est révélée meilleure chez les femmes de plus de 40 ans, et en cas de zone iodonégative.


Les biopsies permettent de déceler beaucoup de CIN 2,3, mais ne sont pas toujours formelles.



Zuchna C et coll. : Diagnostic accuracy of guided cervical biopsies: a prospective multicenter study comparing the histopathology of simultaneous biopsy and cone specimen.