Où la chirurgie bariatrique protège du diabète de type 2
Publié par Administrateur le Décembre 03 2014 03:34:11
Le diabète est l'une des co-morbidités les plus redoutées de l'obésité. Il a été montré que la chirurgie bariatrique (CB) induit, chez les obèses diabétiques, une amélioration voire une rémission du diabète avec un taux supérieur à celui obtenu par toute autre forme de prise en charge. Toutefois l'impact de la CB sur la prévention de cette maladie reste imprécis. Le but de cette étude conduite au Royaume-Uni (publiée dans le Lancet) est de mieux définir cette action.

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Le diabète est l'une des co-morbidités les plus redoutées de l'obésité. Il a été montré que la chirurgie bariatrique (CB) induit, chez les obèses diabétiques, une amélioration voire une rémission du diabète avec un taux supérieur à celui obtenu par toute autre forme de prise en charge. Toutefois l'impact de la CB sur la prévention de cette maladie reste imprécis. Le but de cette étude conduite au Royaume-Uni (publiée dans le Lancet) est de mieux définir cette action.

Elle se base sur 2 167 patients ayant subi une CB, entre 2002 et avril 2014, (anneau gastrique (49 %), By-pass gastrique (37 %), Sleeve gastrectomie (15 %)). Ce groupe est comparé à 2 167 contrôles (C) avec des données similaires en termes d'IMC (43 Kg/m²), d'âge (44,5 ans) et de sexe. L'ensemble des participants n'avaient pas de diabète au départ de l'étude.

L'objectif principal est d'évaluer la survenue d'un diabète clinique chez les participants au cours des 7 années de suivi (médiane 2,8 ans). L'analyse a été ajustée aux différentes variables (comorbidités, risques cardiovasculaires, utilisation de traitements anti-hypertenseurs et hypolipémiants)




Les résultats montrent qu'après 7 ans de suivi:

- 38 (4,3 %) des participants sont devenus diabétique dans le groupe CB contre 177 (16,2 %) dans le groupe C.
- Ceci correspond à une incidence de diagnostic de diabète de 5,7 (4,2-7,8) par 1 000 personnes/an chez les CB contre 28,2 (intervalle de confiance à 95 % [IC] 24,4-32,7) chez les C. Le risque relatif ajusté est de 0,20 (IC 0,13-0,30 ; p < 0,0001).
- Les résultats seraient meilleurs avec le by-pass et la sleeve qu'avec l'anneau.

Les auteurs concluent que pour les obèses ayant bénéficié d'une CB, le risque d'apparition d'un diabète, sur un suivi maximum, de 7 ans est diminué de 80 % par rapport à ce qui se passe pour les obèses non opérés.

Cette étude souffre de quelques faiblesses qui tempèrent ces bons résultats :
- le groupe CB est très bien suivi tandis que le groupe C ne reçoit aucun accompagnement pour l'aider à perdre du poids et à adopter un mode de vie plus sain.
- la médiane de suivi, de 2,8 ans, pose la question de la durée de cet effet protecteur d'autant plus que 40 % des malades opérés semblent rechuter 8 ans après la rémission de leur diabète.

En pratique si l'on peut discuter de l'ampleur de cette protection, il n'en reste pas moins que la CB semble avoir un effet protecteur certain vis-à-vis de l'apparition d'un diabète de type 2. Même si un certain nombre de malades opérés finiront par devenir diabétiques, l'échéance semble considérablement retardée pour la majorité d'entre eux.


Références

Booth H et coll. : Incidence of type 2 diabetes after bariatric surgery: population-based matched cohort study - Lancet Diabetes Endocrinol., 2014;