Hodgkin : Risque de développer un second cancer
Publié par Administrateur le Décembre 28 2015 15:24:19
Les survivants du lymphome de Hodgkin présentent un risque accru de néoplasmes malins consécutifs au traitement. L’effet des traitements moins toxiques introduits à la fin des années 1980 sur le risque de second cancer à long terme reste inconnu.

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CONTEXTE

Les survivants du lymphome de Hodgkin présentent un risque accru de néoplasmes malins consécutifs au traitement. L’effet des traitements moins toxiques introduits à la fin des années 1980 sur le risque de second cancer à long terme reste inconnu.

MÉTHODES

Nous avons recruté 3 905 personnes aux Pays-Bas qui avaient survécu pendant au moins 5 ans après l’instauration d’un traitement du lymphome de Hodgkin. Les patients avaient reçu un traitement entre 1965 et 2000, alors qu’ils avaient entre 15 et 50 ans. Nous avons comparé le risque de second cancer chez ces patients avec le risque attendu sur la base de l’incidence du cancer dans la population générale. Les risques spécifiques au traitement ont été comparés au sein de la cohorte.

RÉSULTATS

Avec un suivi médian de 19,1 ans, 1 055 seconds cancers ont été diagnostiqués chez 908 patients, soit un ratio standardisé d’incidence (RSI) de 4,6 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 4,3 à 4,9) dans la cohorte étudiée par rapport à la population générale. Le risque était toujours élevé 35 ans ou plus après le traitement (RSI : 3,9 ; IC à 95 %, 2,8 à 5,4), et l’incidence cumulée d’un second cancer dans la cohorte étudiée à 40 ans était de 48,5 % (IC à 95 % : 45,4 à 51,5). L’incidence cumulée de seconds cancers solides ne différait pas selon la période étudiée (1965–1976, 1977–1988 ou 1989–2000) (p = 0,71 pour l’hétérogénéité). Bien que le risque de cancer du sein ait été inférieur chez les patientes traitées par radiothérapie de la région supradiaphragmatique, hors région axillaire, par rapport aux patientes exposées à des rayonnements de la région du manteau (risque relatif : 0,37 ; IC à 95 % : 0,19 à 0,72), le risque de cancer du sein n’était pas inférieur chez les patientes traitées dans la période allant de 1989 à 2000 par rapport aux patientes traitées dans les deux périodes antérieures. Une dose de procarbazine cumulée d’au moins 4,3 g par mètre carré de surface corporelle (qui est associée à une ménopause précoce) était associée à un risque significativement inférieur de cancer du sein (risque relatif pour la comparaison avec l’absence de chimiothérapie : 0,57 ; IC à 95 % : 0,39 à 0,84) mais un risque plus élevé de cancer gastro-intestinal (risque relatif : 2,70 ; IC à 95 % : 1,69 à 4,30).

CONCLUSIONS

Le risque de seconds cancers solides ne semblait pas inférieur chez les patients traités dans la période étudiée la plus récente (1989-2000) par rapport aux patients traités auparavant. La sensibilisation au risque accru de second cancer reste essentielle pour les survivants du lymphome de Hodgkin. (Financé par la Dutch Cancer Society.)


Source :

Michael Schaapveld, Ph.D., Berthe M.P. Aleman, M.D., Ph.D., Anna M. van Eggermond, M.Sc., Cécile P.M. Janus, M.D., Augustinus D.G. Krol, M.D., Ph.D., Richard W.M. van der Maazen, M.D., Ph.D., Judith Roesink, M.D., Ph.D., John M.M. Raemaekers, M.D., Ph.D., Jan Paul de Boer, M.D., Ph.D., Josée M. Zijlstra, M.D., Ph.D., Gustaaf W. van Imhoff, M.D., Ph.D., Eefke J. Petersen, M.D., Ph.D., Philip M.P. Poortmans, M.D., Ph.D., Max Beijert, M.D., Marnix L. Lybeert, M.D., Ina Mulder, Ph.D., Otto Visser, Ph.D., Marieke W.J. Louwman, Ph.D., Inge M. Krul, M.Sc., Pieternella J. Lugtenburg, M.D., Ph.D., and Flora E. van Leeuwen, Ph.D.​​
Second Cancer Risk Up to 40 Years after Treatment for Hodgkin’s Lymphoma
N Engl J Med 2015;373:2499-511. | DOI: 10.1056/NEJMoa1505949